Access

L’accès à la mine Boumadine s’effectue par la route N10 traversant le village de Tinejad jusqu’à une route de terre/gravelle qui tourne vers le sud sur 13 km jusqu’au cœur de la propriété. De nombreuses routes et sentiers permettent de se rendre aux différents bâtiments, chantiers et excavations. La mine est accessible en tout temps.

Géologie

Le gisement polymétallique de Boumadine (Au, Ag, Zn, Pb, Cu) est localisé au cœur de la boutonnière protérozoïque de l’Ougnat dans la partie ouest du Maroc (Figure 1). Le socle de l’Ougnat comprend des roches métasédimentaires schisteuses et plissées recoupées par des plutons granodioritiques. Un empilement de roches volcanosédimentaires d’âge protérozoïque tardif recouvre en discordance le socle. La formation basale (Tamerzaga-Timrachine Formation (TTF)) est constituée de de bancs d’ignimbrite rhyolitique, de tufs vitroclastiques et d’intercalations de coulées volcaniques andésitiques. Le banc d’ignimbrite supérieur est fortement silicifié (Figure 2). La TTF est recoupée par des essaims de dykes de composition dioritique à gabbroïque orientés principalement N160°E et est envahie par des intrusions tardives (dômes?) et dykes rhyolitiques. Les veines polymétalliques du gisement de Boumadine apparaissent eclusivement dans la TTF qui est recouverte pas des sédiments lacustres et des assemblages volcaniques mineurs (Formation Isilf-Ouinou-Oufrouh). La formation terminale de Aoujane-Aissa-Akchouf comprend une série de bancs d’ignimbrite dont la mise en place est contrôlée par des structures orientées N30°E. Elle inclut au sommet des passés épisodiques de roches sédimentaires clastiques et des coulées volcaniques de composition intermédiaire. Un assemblage de roche d’âge phanérozoïque recouvre la suite volcanosédimentaire protérozoique.

Minéralisation

En surface, la minéralisation polymétallique à Boumadine s’étend sur plus de 4 km en direction N-S. Les zones minéralisées sont constituées par des veines d’épaisseur métrique (1 à 4 m) orientées N160°E, montrant un pendage fort ( > 70°) et se poursuivant jusqu’à 350 m en profondeur à l’intérieur de la formation TTF (Figure 2). Les veines contiennent de la pyrite massive, la spahlérite, l’arsénopyrite et la galène accompagnées de quantités mineures de chalcopyrite, cassitérite, des sulfosels d’argent, stannite, énargite, bismuthinite et de l’argent, étain, cuivre et bismuth natifs. Les veines sont affectées par une altération supergène produisant un « mantos » riche en hydroxyde de fer sur plus de 40 m en profondeur qui a été exploité par les mineurs artisans au cours des siècles (Figure 3). Les roches encaissantes felsiques montrent un halo d’altération siliceux-argilitique s’étendant sur 40-100 m à partir des veines minéralisées. Le halo se superpose sur l’altération propylitique régionale conférant à la roche un aspect lessivé (Figure 2). La zone d’altération révèle un asemblage minéralogique composé de quartz-séricite (illite)-pyrite, cette dernière diminuant en abondance en s’élognant des veines minéralisées. Le gisement de Boumadine est catégorisé en dépôt épithermal à faible sulphidation riche en Au-Ag-métaux de base qui recèle un potentiel de découverte de minéralisation de type Cu±Au porphyrique en profondeur.

L’emplacement de la minéralisation s’est produit en deux stages distincts contrôlés par l’orientation des mouvements tectoniques appliqués aux assemblages volcanosédimentaires protérozoïques. Le premier stage résulte de la déposition de pyrite massive, parfois litée, suivie de l’injection en parrallèle de veinules d’arsénopyrite à l’intérieur des zones pyriteuses. Veines et veinules se forment sous des contraintes tectoniques orientées N160°E. Le deuxième épisode minéralisateur implique initialement la cristallisation de la sphalérite et de la galène qui cimentent les sulfures produits lors du stage précédent ou agissent comme matériel de remplissage en veines et veinules (Figure 4). Le dernier épisode minéralisateur s’amorce par la déposition du quartz dans les cavités de dissolution et en veinules séquentes suivi par la cristallisation en quantité décroissante de: cuivre gris, argentopyrite, schapbachite, pyrargyrite, polybasite et de l’argent-étain-bismuth natifs (Figure 5). L’injection et la cristallisation des métaux précieux et de base coincident avec un tectonisme de compression orienté N30°E.

Historique

XV–XVI siècles- Des mineurs artisans portuguais exploitent le « mantos » limonitique pour l’ocre et les métaux précieux.

1964-1975- Les Zones Centrale et Nord furent explorées par le BRPM. 30,560 m of de carotte de sondage de surface et souterrain furent effectués suivi de l’excavation de 387 m de puit et 3,095 m de galerie. Un estimé des Ressources Historiques est généré à partir des analyses géochimiques des carottes de sondage et des échantillons en saignée des parois des galeries.

1975-1984- Exploration souterraine de la Zone Centrale et développement de la Zone Sud et la Zone Tizi par le BMPR. 1,030 m de sondage de surface et souterrain et plus de 140 m de puit et 1,885 m de galerie furent excavés. Les résultats de l’exploration ont contribué à l’augmentation des Ressources Historiques qui furent établies à 4,096, 500 t de minerai.

1985-1992- Des sondages souterrains et de surface mis en place pour explorer et développer les Zones Centrale et Sud furent poursuivis par le BMPR. Les travaux comprennent 1,570 m de carottage, 111 m de puit et 187 m de cheminée. Au total, 261,485 t @ 3.8 % Zn, 1.5 % Pb, 200 g/t Ag et 3.50 g/t Au de minerai furent extraits des travaux souterrains. Un processus de flotation sélective a généré des concentrés de galène (Pb) et de sphalérite (Zn) menant à une récuperation de 18 à 23% de l’argent et de 10-14% de l’or.

2013- Une convention est signée entre Maya Gold and Silver Inc (80%) et l’ONHYM (20%) dans le but d’explorer et de développer la propriété Boumadine.

Installation Minières

Les fondations des intstallations minières sont encore visibles sur le site de la mine (Figure 6). Elles furent probablement démantelées peu après la fermeture de la mine en 1992. Deux dépôts circulaires de résidus miniers présents sur le site contiennent environ 240,000 t de matériel (Figure 7). Les résidus résultent de l’extraction souterraine du minerai à partir de 1988 jusqu’en 1992. La propriété recèle plusieurs évidences de travaux de surface et souterrain qui incluent au moins 6 puits (638 m), et 6,036 m de galeries souterraines et cheminées distribuées sur cinq zones: Centrale, Nord, Sud, Tizi et Imariren (Figure 2). Plusieurs tranchées et fosses sont visibles sur l’ensemble de la propriété. Certaines n’atteignent que quelques m2 en dimension tandis que plusieurs couvrent plus de 1,000 m2.

Captions des figures

 


Géologie de l’Anti-Atlas marocain exposant les “boutonnières” protérozoïques exposant plusieurs gisements polymetalliques (Au, Ag, Cu, Zn, Pb, Co) incluant celui de Boumadine.


Ancienne excavation d’une veine polymetallique oxidée. Le “mantos” contenant des hydroxides fut miné par des artisans pour l’ocre et les métaux précieux.


Phtomicrographie en lumière transmise montrant les variations minéralogiques et texturales de de veines de sphalérite+quartz provenant de l’échantillon BOU2012-02. La sphalérite faible en fer (jaune-brun) se retrouve au coeur d’une veine de quartz vein qui recoupe la pyrite massive à gros grain recristallisé.


Photographie du Microscope à Balayage Électronique (MEB) illustrant les micro-fragments riches en Ag-Sn inclus dans la pyrite. Échantillon BOU2012-02, minerai de Boumadine.


Vue des fondations restantes des installations minières de Boumadine, des haldes et des View puits d’extraction et d’aération.


Vue des deux dépôts circulaires de résidus minier à Boumadine. On estime le tonnage à 240,000 t montrant des teneurs en Au et Ag de 3.15 g/t Au and 192 g/t Ag respectivement.




Register to receive our press releases